Saint Antoine Ermite et saint Paul à Shugborough

Etude de composition du tableau de Shugborough Hall
et lien avec Rennes-le-Château
 

Pas de tentation

Tous les passionnés du Razès, ainsi que les très nombreux lecteurs de L'Énigme Sacrée de Henry Lincoln, connaissent une singulière reproduction, en miroir, des Bergers d'Arcadie de Nicolas Poussin : il s'agit d'un bas-relief réalisé au milieu du XVIIIe siècle, visible en extérieur à Shugborough Hall (Grande Bretagne). Il comporte une inscription codée impossible à déchiffrer sans une clé spécifique connue de certains milieux maçonniques (nous reviendrons sur ce point).

Intéressons-nous aujourd'hui à une autre oeuvre, découverte par Henry Lincoln lors de son enquête : la collection privée de Shugborough Hall comprend la copie d'un tableau de Teniers représentant saint Antoine et saint Paul dans le désert. Dans la Clé du Mystère de Rennes-le-Château, cet auteur relate les circonstances de sa trouvaille : le tableau avait primitivement été nommé Élie et Élisée nourris par les corbeaux. Il fallut la vivacité d'esprit d'un Lincoln pour voir immédiatement l'impossibilité d'une telle attribution : le crucifix au centre du tableau interdit une représentation issue de l'ancien testament. L'enquête ultérieure, rapide, confirmera : le T (ou Tau) égyptien sur l'épaule de saint Antoine signe à l'évidence l'ermite égyptien. Saint Paul converse avec lui.

Lincoln suggère que la phrase "BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLE" (décryptage du grand parchemin) fait bien référence à Saint-Antoine, mais sans les habituelles tentations ('"PAS DE TENTATION") des tableaux de Teniers père et fils sur ce thème.


Saint Antoine et saint Paul dans le désert.
Copie du tableau de Teniers le Jeune,
réalisée au milieu du XVIIIe siècle par
Anne Margaret Coke.
Shugborough Hall (collection particulière).
 



Pour Lincoln, la présence d'une "bergère entourée de son troupeau
de brebis" (ici, détail au second plan de l'oeuvre) achève de convaincre.

 

La géométrie du tableau

Si l'on regarde attentivement le tableau de Teniers (ou plus exactement sa copie), l'omniprésence d'éléments géométriques est évidente. Le format, tout d'abord : 2 unités en hauteur pour 3 en largeur. Si l'on trace une ligne à 45° à partir du coin supérieur gauche (trait jaune du visuel), formant un carré, on isole la partie droite au tiers du tableau (trait vert vertical). Le crucifix est placé très exactement au centre de la composition (trait blanc vertical). 


Etude succincte de composition (Christophe de Cène)

Ensuite, le géomètre est interpellé par les deux bâtons croisés : l'un, reposant sur l'autel, est légèrement incurvé, mais la mesure précise de l'angle reliant ses deux extrémités laisse peu de doute sur l'intention de l'artiste : c'est 45° exactement. Ce trait (rouge) croise le trait vertical blanc au pied de la croix. On prolonge en vert sur le ciel.

Saint Paul tient en main le second bâton. Son angle avec la verticale est de 162°, soit 72° + 90° (angle droit). On en déduit aisément l'orthogonale : une ligne à 72° ayant pour origine le haut du T (Tau) de l'ermite. Elle suit la ligne du regard de saint Paul, dont le pouce et l'index épousent le mouvement, et se confond avec la branche haute du crucifix pout rejoindre, dans le ciel, la ligne à 45° du premier bâton (convergence des lignes vertes). On note que la première des brebis se trouve à la verticale du point de convergence des lignes, au tiers du tableau.

Reste l'oiseau porteur du pain : la ligne reliant le croisement des bâtons (en rouge) au visage du Christ et au centre du crucifix se prolonge jusqu'au bec du volatil. Une ligne à 135° (45° + 90°) converge à nouveau vers le point central du ciel.

Conclusion : l'étude fait ressortir la convergence de deux lignes, l'une ayant un azimut de 45°, l'autre de 72°.
 

Lien avec Rennes-le-Château

Outre bien entendu le saint Antoine de Teniers, le lien avec le Razès est pour nous l'angle à 45°, que nous avons déjà rencontré (voir Géométrie sacrée de Rennes). Le logiciel Google Earth et son outil "Règle" (voir visuel) nous permettent, à partir des vues aériennes, une incroyable précision : on mesure les distances au mètre près, et les angles au centième de degré !

Nous avons déjà noté que si l'on prend pour référence le choeur de l'église de Rennes-les-Bains, l'azimut à 45,00° nous conduit (au centième de degré près) à la porte du donjon d'Arques, dans l'enceinte du château. Précision diabolique...

Retour à Rennes-le-Château : en utilisant toujours Google Earth, plaçons nous à présent (virtuellement) près de l'église du village, très exactement dans la tour de verre du jardin de l'abbé Saunière, représentée sur le bandeau de présentation de cette page (en haut de page) : de là, on domine les alentours, et, vers l'est, notre regard se porte (de droite à gauche), sur l'église voisine, le mont Cardou, la vallée qui conduit au château d'Arques (voir bandeau de présentation).

A l'aide de l'outil règle, nous traçons la ligne à 72° (72,00° !) suggérée par le tableau de Shugborough. Elle aboutit dans l'enceinte du château d'Arques, où elle croise la ligne à 45° venant de Rennes-les-Bains, à une dizaine de mètres seulement de l'entrée du donjon.

Ces éléments confirment l'importance du château d'Arques dans la géométrie sacrée des lieux. Rappelons que celle imaginée par Boudet se fonde sur le triangle isocèle Rennes-les-Bains / Château d'Arques / Alet.

Une étoile à cinq branches

Enfin, signalons qu'un angle à 72° est naturellement porteur, pour le géomètre, d'une étoile à cinq branches ou d'un pentagramme. Cela ne devrait pas déplaire aux tenants des thèses d'Henry Lincoln. Ainsi, le donjon d'Arques devient le centre d'une étoile à cinq branches pointe en bas (180° donc d'azimut par rapport au nord, on vise alors La Pique Grosse, pointe ouest du Bugarach). Les branches de l'étoile pointent dans des directions très significatives pour nous : 252° (180+72), visant la tour de verre de l'orangerie (Rennes-le-Château), 324° (252+72) ayant pour cible un petit mont d'une importance exceptionnelle dans le dossier du Razès : le Mont-Saint-Michel d'Arques (voir notre page en sommaire). La même droite, prolongée (azimut 144° en partant du donjon d'Arques), vise quant à elle, avec une exactitude stupéfiante, un ermitage dont le nom ne peut que surprendre : Saint Antoine de Galamus. D'autant que la commune la plus proche est... Saint Paul de Fenouillet. Ca ne s'invente pas !


Saint Antoine, un ermitage près de Saint Paul

 

Le pentagramme centré sur le donjon d'Arques : à compléter...
Note
: tous les tracés cartographiques (vues aériennes) présentés sur cette page ont été effectués à l'aide du logiciel Google Earth en utilisant l'outil "règle" au centième de degré près, une précision impossible à atteindre avec une carte du commerce, aussi précise soit-elle.

La Pique Grosse, pointe ouest du Bugarach


A la verticale du donjon d'Arques (même longitude), on croise la pointe ouest
du Bugarach : la Pique Grosse. Vue Google Earth.


La même vue, sur le site Geoportail de l'IGN;


Geoportail.


Geoportail : carte IGN. La Pique Grosse culmine à 1081 m (pointe Ouest).


Le Bugarach. Au premier plan, l'auteur de ces lignes.


La Pique Grosse, vu de l'ouest,
visée par le pentagramme d'Arques.

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